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Perspectives des marchés financiers


 

​Perspectives des marchés financiers

 

La croissance mondiale a terminé 2016 sur une nouvelle accélération selon les enquêtes auprès des entreprises (PMI de Markit). Les principales économies développées sont désormais quasiment au plein emploi : Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon.

 


Raphaël Gallardo
Stratégiste – Investissement et Solutions Clients
 
Natixis Asset Management
 
 
 


Environnement économique

 
La croissance mondiale a terminé 2016 sur une nouvelle accélération selon les enquêtes auprès des entreprises (PMI de Markit).
 
 
Les principales économies développées sont désormais quasiment au plein emploi : Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon. La France, qui était lanterne rouge, voit également son taux de chômage baisser significativement. Si l’on ajoute à cela les perspectives de stimulation budgétaire aux Etats-Unis (promesses électorales de Trump) et en Allemagne (année électorale), ce rythme de croissance devrait faire remonter l’inflation mondiale vers les cibles des banques centrales, le rebond du pétrole précipitant même le mouvement dès le premier trimestre. 2017 sera-t-elle enfin l’année de la normalisation tant attendue du régime de croissance mondiale ? Plusieurs changements de paradigme invitent à la prudence.
 
En premier lieu, il faut garder à l’esprit que la composante énergétique de la remontée de l’inflation, résultant d’un choc d’offre négatif sur le marché du pétrole (coupes de l’OPEP), est un facteur fragilisant pour nombre de pays (Europe, Inde pour les plus gros).
 
En second lieu, un changement de paradigme semble s’installer sur les marchés financiers, qui prennent de vitesse la "normalisation" de l’économie réelle en poussant fortement à la hausse les taux d’intérêt et le dollar. Ces mouvements sont exacerbés par les anticipations d’un changement de rythme des hausses de taux de la Fed (3 hausses cette année) et par les attentes d’un fort creusement du déficit budgétaire américain (baisses d’impôts, dépenses militaires et d’infrastructures).
 
Si ce mouvement est trop rapide, il pourrait révéler nombre de fragilités aujourd’hui tapies dans l’ombre, notamment le surendettement de certains souverains émergents (dans un environnement qui rappelle celui de la crise de la dette des années 1980), des entreprises chinoises (dettes portées par le système bancaire souterrain chinois), voire la dépendance de certains moteurs de la croissance américaine à l’endettement de ménages peu solvables (automobile, immobilier).
 
Beaucoup dépendra donc de la trajectoire des taux longs : un excès d’optimisme sur le  marché américain pourrait creuser la tombe de cette reprise si atypique. En zone euro, la remontée de l'inflation dès le premier trmestre pourrait forcer un débat sur l'arrêt des achats obligataires de la BCE, provoquant un saut des taux allemands vers 0,6 % et une appréciation de l’euro. Enfin, il faudra surveiller la rhétorique protectionniste de Trump et de son administration, qui constitue un autre risque inflationniste.
 
 

Environnement des marchés

 
Les explosions de volatilité surviennent historiquement lorsque les économies s’approchent du plein-emploi, phases de basculement monétaire où les hausses de taux peuvent soit piloter un refroidissement graduel du cycle, soit révéler des fragilités financières susceptibles de dégénérer en crise ouverte. 2017 sera un de ces moments critiques : l’économie américaine est déjà au plein-emploi et sera sur-stimulée par un programme budgétaire massif, l’Allemagne sera tentée par la relance en cette année électorale, également pour la Chine à l’approche du congrès du Parti Communiste cet automne. Les taux européens étant insularisés par le QE de la BCE (programme d’achat d’obligations souveraines), et la Chine contrainte de défendre sa monnaie contre les sorties de capitaux, ce sont les mouvements de la courbe des taux américaine et du dollar qui piloteront ce basculement vers un nouveau régime macro-financier. Un excès d’optimisme sur la croissance future sous l’administration Trump pourrait provoquer un choc obligataire et cambiaire (hausse des taux longs comme du dollar) qui ferait dérailler la dynamique des effets richesse (fin des rachats d’actions, impacts sur le marché immobilier) et de l’industrie (dollar fort). En réaction, le tropisme protectionniste de l’administration Trump s’exprimerait via une fermeture très dommageable de l’économie américaine (barrières douanières).
 
 
Nous situons le seuil où le niveau des taux devient problèmatique pour l’économie américaine à 2,6% sur les taux à 10 ans et 95 pour l’indice du taux de change du dollar. Le marché a déjà dépassé ce seuil de douleur pour le dollar, et a brièvement franchi celui sur les taux longs avant de rechuter. Mais il se pourrait que ces seuils de tolérance soient encore plus bas en ce qui concerne la soutenabilité de la devise chinoise (pertes de réserves, hausses de taux et risques de défauts sur le marché obligataire corporate). Il faudra donc surveiller de près, en 2017, les taux américains et les réserves chinoises pour savoir quand réduire le risque des portefeuilles.
 
Achevé de rédiger le 9 janvier 2017
 
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